Couverture actuelle : Rennes Métropole et l'Ille-et-Vilaine. Le reste de la France est ajouté progressivement.
AccueilBaromètres › 731 logements rennais sortent du statut de passoire, sans le moindre travaux
Analyse · données exclusives

731 logements rennais sortent du statut de passoire, sans le moindre travaux

Par Damien F. · Publié le 17 juillet 2026 · Chiffres arrêtés à la date de publication · Méthode

Le nouveau calcul du DPE, entré en vigueur au 1ᵉʳ janvier, reclasse d'un coup 731 logements rennais jusqu'ici considérés comme des passoires thermiques. Nous avons refait le calcul pour les 115 789 logements de la métropole dont le diagnostic détaille les consommations. Voici ce que disent les chiffres, et ce qu'ils ne disent pas.

Un trait de plume plutôt qu'un chantier

Il aura suffi d'un arrêté. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, chaque kilowattheure d'électricité consommé dans un logement compte pour 1,9 kilowattheure d'énergie primaire dans le calcul du DPE, contre 2,3 auparavant. La conséquence est mécanique : les logements chauffés à l'électricité voient leur consommation affichée fondre d'environ 17 %, sans qu'un seul artisan soit intervenu.

Combien de Rennais sont concernés ? Pour le savoir, nous avons refait le calcul logement par logement, sur les 74 556 diagnostics enregistrés à Rennes depuis juillet 2021. Pour chacun, la base de l'ADEME détaille la consommation réelle d'électricité ; il suffit d'y appliquer le nouveau coefficient, puis de confronter le résultat aux deux seuils réglementaires, énergie et climat. Verdict : l'étiquette recalculée de 731 logements rennais classés F ou G sort de la zone rouge, seuil climat compris : ils quittent la catégorie des passoires thermiques. À l'échelle des 43 communes de la métropole, ils sont 1 036.

Rennes731Bruz24Cesson-Sévigné22Betton17Pacé16Vern-sur-Seiche14
Logements F-G requalifiés par la réforme du 1ᵉʳ janvier 2026, par commune (échelle commune : le poids de Rennes, qui concentre les deux tiers des diagnostics, écrase logiquement les autres barres). Simulation Bienlucide sur les consommations réelles de chaque DPE (base ADEME), double seuil énergie-climat respecté.

Plus d'un tiers des passoires électriques de la ville

Rennes compte 1 981 passoires chauffées à l'électricité parmi ses logements diagnostiqués. Avec 731 sorties, c'est donc 37 % d'entre elles qui changent de statut d'un coup. Les autres consomment trop pour que le nouveau coefficient suffise : au-delà d'environ 174 kWh d'électricité par mètre carré et par an, un logement reste passoire, nouvelle formule ou pas.

La géographie de ces requalifications n'a rien d'un hasard. Elles se concentrent là où le chauffage électrique domine : les copropriétés des années 1970 et 1980, les studios étudiants, certains secteurs comme Nord Saint-Martin où plus d'un tiers des logements se chauffent à l'électricité. Les communes périphériques suivent, loin derrière, à la mesure de leur parc.

Ce que les propriétaires doivent faire, et ne pas faire

Premier réflexe : ne pas payer un nouveau diagnostic. L'ADEME délivre gratuitement, en ligne, une attestation portant la nouvelle étiquette, valable comme le DPE d'origine. Il faut simplement le numéro à 13 caractères du diagnostic existant.

Second réflexe : ne pas confondre étiquette et facture. Le logement consomme exactement autant qu'avant ; seule la convention de calcul a changé. Un F devenu E redevient louable sans limite de date, échappe au gel des loyers, mais reste un logement cher à chauffer, et l'acheteur ou le locataire s'en apercevra. Quant aux logements requalifiés en E, l'échéance de 2034, qui interdira leur location à leur tour, les attend au tournant si rien n'est entrepris d'ici là.

Votre logement est-il concerné ? Notre simulateur gratuit recalcule votre étiquette à partir du numéro de votre DPE ou de votre adresse. Le détail commune par commune figure sur nos fiches communes, et le mécanisme complet dans le guide de la réforme 2026.
+Aller plus loin