Le nouveau calcul du DPE, entré en vigueur au 1ᵉʳ janvier, reclasse d'un coup 731 logements rennais jusqu'ici considérés comme des passoires thermiques. Nous avons refait le calcul pour les 115 789 logements de la métropole dont le diagnostic détaille les consommations. Voici ce que disent les chiffres, et ce qu'ils ne disent pas.
Un trait de plume plutôt qu'un chantier
Il aura suffi d'un arrêté. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, chaque kilowattheure d'électricité consommé dans un logement compte pour 1,9 kilowattheure d'énergie primaire dans le calcul du DPE, contre 2,3 auparavant. La conséquence est mécanique : les logements chauffés à l'électricité voient leur consommation affichée fondre d'environ 17 %, sans qu'un seul artisan soit intervenu.
Combien de Rennais sont concernés ? Pour le savoir, nous avons refait le calcul logement par logement, sur les 74 556 diagnostics enregistrés à Rennes depuis juillet 2021. Pour chacun, la base de l'ADEME détaille la consommation réelle d'électricité ; il suffit d'y appliquer le nouveau coefficient, puis de confronter le résultat aux deux seuils réglementaires, énergie et climat. Verdict : l'étiquette recalculée de 731 logements rennais classés F ou G sort de la zone rouge, seuil climat compris : ils quittent la catégorie des passoires thermiques. À l'échelle des 43 communes de la métropole, ils sont 1 036.
Plus d'un tiers des passoires électriques de la ville
Rennes compte 1 981 passoires chauffées à l'électricité parmi ses logements diagnostiqués. Avec 731 sorties, c'est donc 37 % d'entre elles qui changent de statut d'un coup. Les autres consomment trop pour que le nouveau coefficient suffise : au-delà d'environ 174 kWh d'électricité par mètre carré et par an, un logement reste passoire, nouvelle formule ou pas.
La géographie de ces requalifications n'a rien d'un hasard. Elles se concentrent là où le chauffage électrique domine : les copropriétés des années 1970 et 1980, les studios étudiants, certains secteurs comme Nord Saint-Martin où plus d'un tiers des logements se chauffent à l'électricité. Les communes périphériques suivent, loin derrière, à la mesure de leur parc.
Ce que les propriétaires doivent faire, et ne pas faire
Premier réflexe : ne pas payer un nouveau diagnostic. L'ADEME délivre gratuitement, en ligne, une attestation portant la nouvelle étiquette, valable comme le DPE d'origine. Il faut simplement le numéro à 13 caractères du diagnostic existant.
Second réflexe : ne pas confondre étiquette et facture. Le logement consomme exactement autant qu'avant ; seule la convention de calcul a changé. Un F devenu E redevient louable sans limite de date, échappe au gel des loyers, mais reste un logement cher à chauffer, et l'acheteur ou le locataire s'en apercevra. Quant aux logements requalifiés en E, l'échéance de 2034, qui interdira leur location à leur tour, les attend au tournant si rien n'est entrepris d'ici là.